Le cloud computing, un peu comme le web 2.0 en son temps, est le dernier terme “à la mode” dans le monde de l’e-business. Et qui dit “à la mode”, dit incompréhension, confusion, malentendu… Tentons d’éclaircir le sujet.
Une clé de compréhension : le navigateur internet
Pour comprendre ce qu’est le “cloud computing”, il suffit de visualiser le principe du navigateur Internet : un petit programme (client léger) communique, grâce à sa connexion web, avec un serveur distant pour accéder à une info. Qui possède et distribue la ressource ? C’est le serveur. L’utilisateur n’a, en effet, pas besoin de stocker cette information pour y accéder (tant qu’il reste connecté à ce serveur, bien évidemment).
Et bien le cloud computing, c’est l’application de ce principe <client léger-web-serveur distant> à toute l’informatique. On va pouvoir, grâce à une connexion internet ultra-rapide, externaliser un certain nombre de ressources informatiques :
SaaS (Software as a Service)
La première chose, la plus évidente, que l’on va pouvoir externaliser, c’est la ressource logicielle. Inutile de stocker vos applications sur votre machine, vous pourrez y accéder sur un serveur distant (ou cluster : grappe de serveurs) dont l’accès sera mutualisé pour tous les utilisateurs de cette même ressource logicielle.
HaaS (Hardware as a Service)
Seconde ressource que l’on va pouvoir “virtualiser” : la ressource matérielle. En effet, comme on le fait déjà avec l’électricité (une centrale EDF génère de l’énergie et la distribue à une partie de la population), on va externaliser le stockage de données, la puissance de calcul, l’impression de documents, etc, chez des spécialistes mutualisant ce type de ressources.
Web OS
L’un des exemples les plus parlant pour illustrer le “cloud computing” est certainement celui du web OS, alliant SaaS et HaaS. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un système d’exploitation déployé sur un serveur distant, sur lequel vous ouvrez une session qui sera accessible à travers une connexion Internet et un simple navigateur. Des icônes, des barres d’outils, des fenêtres, même des applications (en nombre encore limité certes, mais de plus en plus complexes), cela ressemble pas mal à votre bon vieux bureau windows (en plus stable peut-être… :)) http://www.logiste.be/blog/65-web-os-la-liste/
Avantages
- Economie d’échelle (ressources mutualisées pour un ensemble d’utilisateurs)
- Pas de gaspillage, on paye ce que l’on consomme (dans la plupart des offres de virtualisation)
- Pas de coût d’entretien financiers, technologiques ou humains (tout est compris dans la “location” de la ressource externalisée)
- On bénéficie de l’expertise du prestataire spécialiste dans la ressource que l’on souhaite externaliser
- J’en oublie certainement…
Avec le web et le P2P, on avait tendance à copier, recopier, “re-re-copier” les informations sur le plus de machines possibles pour faciliter le partage. Avec le Cloud Computing, j’ai le sentiment que c’est le mouvement inverse qui s’opère : on centralise les ressources pour mieux les distribuer “on demand” aux utilisateurs finaux. Des utilisateurs qui, du coup, n’ont plus besoin de stocker ou de s’équiper en ressources matérielles ou logicielles. Depuis Deezer, n’avez-vous pas ralenti vos téléchargements de MP3 illicites ?
on Feb 6th, 2009 at 12:20 am
“Mars” et ça repart ! Merci Fred de nous avoir délivré des nouvelles qui, grâce à ta perspicacité déjà légendaire, nous rend le “TootWeb” un peu plus digeste malgré une quantité incroyable de nouveautés.
Faudra que je m’intéresse un peu plus à ce “Deezer”…
on Feb 8th, 2009 at 4:49 pm
Le problème, c’est que cette vision du terminal vide de toute puissance, connecté au réseau sur un mainframe, ou à une sorte de réseau en étoile, me fait penser à ce que je faisais avec mon minitel®, c’est à dire quelque chose qui ne ressemble pas vraiment à ce pourquoi internet a été conçu initialement.
on Feb 9th, 2009 at 6:00 pm
Gabyu, ta remarque rejoint un très bon article sur lequel je suis tombé l’autre jour, intitulé “Tout le monde a intérêt à transformer Internet en Minitel” : http://www.ecrans.fr/Tout-le-monde-a-interet-a,5762.html
on Mar 3rd, 2009 at 1:58 am
Le cloud computing a mon avis est l’avenir du hosting, demain le hosting des moyens et gros sites sera fait sur des archies dédiées, utilisant des interfaces compatibles avec les api de ec2 et de AppEngine, sur des clouds locaux, qui quand le besoin s’en fera sentir s’étandra un cloud compatible, a la ec2 ou AppEngine…
Le déport du poste client sur les clouds, ouais bof…
Dans quelques temps madame michu prendra conscience de l’existance de sa vie digitale et donc veillera un peu plus a qui elle la confie…le cloud ne sera a mon sens qu’un complement, une extension, un peripherique…
on Mar 4th, 2009 at 2:34 pm
Article intéressant et très bien écrit, en effet.
Je me permets de rajouter 2 éléments, qui complèteront l’analyse du contexte SaaS.
1. Vous citez les avantages du SaaS. Il serait bon et nécessaire d’y écrire également les inconvénients d’un tel système.
Je suis, au fond de moi, convaincu d’un système tel que le SaaS, étant donné qu’il n’est plus nécessaire d’etre informaticien né pour configurer une machine;
-soit, c’est déjà fait et on ne touche qu’à l’application en soi (salesforce.com),
-soit c’est vraiment un jeu d’enfant (Amazon S3)
mais l’exemple de Google Gmail qui plante pendant une heure et provoque l’émoi parmi les bloggeurs n’est pas anodin. http://www.zoltanjanosi.com/2009/02/gmail-down-et-le-modele-critique-du-saas/
Il s’agit d’une piste de réflexion parmi d’autres, bien sur…
2. en complément, le HaaS est également appelé IaaS (http://en.wikipedia.org/wiki/Infrastructure_as_a_service)
et ceci se rapproche fortement du PaaS (Plateforme as a Service), permettant d’utiliser les applications/services en ligne.
on Sep 18th, 2009 at 5:58 pm
[...] Cloud Computing definition | Novactif (tags: cloud_computing) [...]
on Dec 2nd, 2009 at 3:48 pm
Pour moi, Le “Cloud Computing” est un méga ordinateur (scalable et élastique), pour lequel on ne paie que ce que l’on consomme. Il héberge des services (software, hardware ou middleware) que l’on accède depuis l’internet ( http://maslintchoonthecloud.blogspot.com/2009/11/ma-premiere-definition-du-cloud.html ). Ce n’est donc pas que l’application du concept “client léger-web-serveur distant”. Les notions de “scalbilité”, d’”élasticité” et le modèle économique sont des concepts de base du “Cloud Computing” qui mis ensembles permettent de faire évolué l’informatique.
on Dec 2nd, 2009 at 4:17 pm
En effet, cette précision est très pertinente !
merci Maslintcho !
on Jun 4th, 2010 at 11:23 am
Je suis d’accord avec Maslintcho, de plus il y a un point que personne n’évoque lorsque l’on parle de Cloud Computing c’est les temps de latence. Beaucoup d’offres commerciales parlent de “scalabilité” en temps réel afin de gérer au plus juste sa capacité serveur, seulement il faut redémarrer le serveur pour voir ces paramètres opérationnels (parfois plusieurs 10zaines de minutes) : ce n’est donc pas du Cloud Computing mais de la réplication (serveur maître / serveur esclave).
Le “vrai” Cloud Computing devrait reposer sur le fait que tous les serveurs sont des serveurs maîtres.
Pour plus d’info, et si vous passez par Bordeaux en juillet pour les rencontres mondiales du logiciel libre, il y aura une conférence sur le sujet : http://2010.rmll.info/Cloud-Computing.html/