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Digiworld Summit 2009, petit debrief

En tant que montpellierain, assister à ce type d’événements sans avoir à se déplacer est toujours un grand privilège. Je ne pouvais donc pas manquer çà. Mes quelques impressions sur le Digiworld Summit 2009, à froid.

Le titre de l’événement est assez représentatif : “Facing the downturn…” (faire face à la crise). En effet, même si tout le monde s’accorde pour dire que le plus dur est passé, la crise financière laisse encore des séquelles, si ce n’est dans les comptes, assez profondément dans les esprits des managers. La cicatrice est encore douloureuse et les stratégies (du moins dans le discours) semblent encore empreintes d’une certaine retenue. Alors, on ne parle pas “performance”, on ne parle pas “compétitivité”. On change un peu de braquet et on parle “ouverture”.

La deuxième partie du titre est “…Open Innovation, Open plateforms” et ce n’est pas un hasard. Les discours offensifs ont laissé place à … des discours quasi humanistes… Enfin presque. Entendre par exemple un responsable Microsoft parler “d’ouverture” est une musique qui écorche un tantinet les oreilles… A les entendre, tout le monde veut jouer l’ouverture. Pour certains (les Telco, par exemple), cela semble en effet stratégique, pour d’autres (Microsoft pour ne pas les citer), cela ressemble plutôt à de l’opportunisme.

Autre aigreur d’estomac : le mobile. Les opérateurs font aujourd’hui face à une grave problématique : la demande de contenus mobiles est croissante, elle croit d’ailleurs plus vite que ce que les infrastructures peuvent offrir ; et pire, la demande croit mais les prix des forfaits téléphoniques stagnent. (D’ici 2013, la vidéo occupera 64% du trafic web sur mobile… dixit CISCO). On a donc un véritable challenge pour les opérateurs : comment faire face à une explosion de la demande de contenus mobiles, avec des infrastructures qui n’évoluent pas assez vite et des forfaits que l’on peut difficilement doubler du jour au lendemain… Un sérieux mal de tête, je vous l’accorde… D’autant que ces mêmes opérateurs se font taper sur les doigts par l’ARCEP qui souhaiterait un peu plus de régulation concernant les dépenses des consommateurs de contenus mobiles (Propos du président de l’ARCEP pendant le Digiworld : “Les opérateurs ont une obligation morale de garantir au consommateur de disposer des moyens de maîtriser sa dépense”).

L’explosion des ventes de l’iphone ce Noël ne risque pas de freiner cette tendance… En revanche, cette explosion et surtout la professionnalisation de l’Apple Store, sonnent le glas du nouvel eldorado qu’était l’iphone pour les développeurs inspirés. En effet, l’iphone n’est plus simplement le terrain des petits studios de développement ; aujourd’hui, tous les grands éditeurs s’y mettent et publient des jeux dignes des meilleures consoles portables (les budgets sont d’ailleurs souvent équivalents). Finies les success stories de développeurs isolés dans leur garage devenant millionnaires en quelques mois grâce à une application n’ayant coûté que quelques litres de café. Enfin, peut-être pas complètement, mais la concurrence est plus rude, c’est certain. (Puisqu’on parle d’Apple, ils n’étaient pas là au Digiworld, mais c’est normal, paraît-il, ils ne viennent même plus aux événements du genre “Apple Expo”… alors une conférence TIC à Montpellier…).

Pour finir, je retiendrai aussi une belle effervescence autour des entreprises montpellieraines lors du forum d’affaires international organisé par Sud de France Export. De nombreuses actions, initiatives, telles que l’association PixLR (pour la promotion du jeu vidéo en Languedoc Roussillon), les pépinières d’entreprises (comme Cap Alpha, Cap Omega), l’annonce d’un prochain festival international du jeu vidéo sur Montpellier… De belles perspectives pour la région.

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